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Chers lecteurs, merci de consulter notre blog. La Republique Democratique du Congo vient sortir d'une guerre de plus de 10 ans qui a fauché la vie à plus de cinq million des personnes; L'Ituri est l'un de ces coins du Congo qui a été le plus devasté par cette guerre; elle a perdu près d'un million des ses fils et filles et son image en est sortie terriblement ternie...Ce blog pose et tente de répondre à quelques questions sur cette tragedie: quelles sont les causes reelles des ces tueries, qui en sont les auteurs, que doit-ont faire pour eviter la répétition de cette tragedie? Nous vous proposons ici des articles des journaux,études fouillées et réflexions des éminents scientifiques sur le drame Iturien.

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lundi 30 novembre 2009

Bunia : Mutombo Bakafwa Senda appelle au désarmement volontaire







« Nous avons lancé un communiqué à toute la population pour que ceux qui détiennent les armes sans en avoir l’autorisation, aillent les déposer », a déclaré le vice-premier ministre de la défense nationale et de la sécurité, Mutombo Bakafwa Senda, au cours d’un point de presse à l’aéroport de Bunia, dimanche, avant de regagner Kinshasa, rapporte radiookapi.net
Le vice premier ministre a appelé toute la population locale ainsi que les ex combattants au désarmement volontaire pour mettre fin à l’insécurité dans la cité de Bunia et ses environs. Mutombo Bakafwa Senda a affirmé que tout celui qui déposera une arme au service indiqué bénéficiera d’une sécurité suivi pour qu’il ne soit pas inquiété par qui que ce soit. Selon le vice- premier ministre de la défense, les services spécialisés sont déjà mobilisés pour appliquer ces dispositions. « Mais si ce n’est pas fait de cette manière là et que les services de sécurité que j’ai mobilisés trouvent une arme chez vous, vous allez rendre compte à l’Etat » , a-t-il mis en garde.Le vice-premier ministre a également annoncé des patrouilles conjointes FARDC-police et casques bleus de la Monuc face à la recrudescence de vols à mains armées et aux meurtres à Bunia. « A partir d’hier, il y a des patrouilles mixtes police-armée qui doivent sillonner la ville toute la nuit. J’ai demandé à la Monuc, qui m’a accordé, toute une compagnie des casques bleus qui doivent se joindre à no forces ».
(okapi)

Comment les pays créanciers décident en République démocratique du Congo







Les 19 pays créanciers composant le Club de Paris 1 se sont réunis le 18 novembre pour examiner le cas de la République démocratique du Congo (RDC), après deux reports liés à la révision du très controversé contrat chinois. Ce contrat, qui hypothèque de gigantesques quantités de minerais au profit de la Chine en échange de la construction d’infrastructures en RDC, a finalement pu être révisé dans le sens souhaité par les bailleurs de fonds occidentaux représentés par le FMI. Suite à cela, l’affaire semblait réglée : le Club de Paris allait accorder les assurances financières demandées par le FMI pour conclure un nouveau programme de 3 ans avec le gouvernement congolais d’ici la fin 2009 et effacer début 2010 une partie importante de sa dette extérieure publique. Loin s’en faut ! Le Club de Paris a décidé, à son tour, de « faire chanter » la RDC en exigeant le maintien de deux contrats léonins signés avec des transnationales occidentales.
Le Club de Paris prouve une fois encore qu’il est une instance gouvernée par le Nord dans laquelle les pays du Sud ne jouent qu’un rôle de figurant. Aucun membre du gouvernement congolais n’a été invité aux discussions menées à Bercy, au ministère français des Finances, où siège le Club de Paris. Ce Club se définit lui-même comme une « non-institution » n’ayant pas de personnalité juridique. L’avantage est clair : le Club de Paris n’encourt aucune responsabilité quant à ses actes et ne peut donc être poursuivi en justice puisqu’officiellement, il n’existe pas !
Pourtant, ses décisions sont lourdes de conséquences pour les populations du tiers-monde car c’est en son sein qu’est décidé, de concert avec le FMI et la Banque mondiale, si un pays endetté du Sud « mérite » un rééchelonnement ou un allégement de dette. Lorsqu’il donne son feu vert, le pays concerné, toujours isolé face à ce front uni de créanciers, doit appliquer les mesures néolibérales dictées par ces bailleurs de fonds, dont les intérêts se confondent avec le secteur privé.
Le 18 novembre dernier, c’est la RDC qui en a fait les frais puisque le Club de Paris a décidé d’aller au-delà de la seule révision du contrat chinois exigée par le FMI en s’ingérant encore plus dans ses contrats miniers, domaine qui relève pourtant de la souveraineté permanente de la RDC, selon le droit international et l’article 9 de sa Constitution.
Officiellement, c’est le risque d’augmentation de la dette congolaise, lié à la garantie d’Etat initialement prévue dans le contrat chinois, qui avait justifié l’ingérence du FMI dans les affaires internes congolaises.
Mais en réalité, la RDC, à l’instar d’autres pays africains regorgeant de ressources naturelles, est le théâtre d’une compétition acharnée entre les pays occidentaux et la Chine, dont l’appétit ne cesse de grandir au point d’être aujourd’hui le troisième partenaire commercial pour l’Afrique derrière les Etats-Unis et la France. Le Club de Paris est donc l’instrument qu’ont utilisé les pays occidentaux, notamment le Canada et les Etats-Unis, pour exiger du gouvernement congolais qu’il revienne sur sa décision de résilier le contrat ayant donné naissance au consortium Kingamyambo Musonoi Tailings (KMT) et de réviser la convention créant Tenke Fungurume Mining (TFM), dans lesquelles les Etats-Unis et le Canada ont d’importants intérêts.
Les bailleurs de fonds occidentaux appliquent la politique du « deux poids, deux mesures » selon qu’il s’agisse d’un contrat conclu avec la Chine ou avec une entreprise occidentale. Les intérêts du secteur privé l’emportent sur les considérations de légalité et de développement puisque le caractère frauduleux de ces deux conventions a été rapporté par la Commission de « revisitation » des contrats miniers, mise sur pied en RDC en 2007 (2) 2. Les Etats du Nord se servent du Club de Paris et des institutions financières internationales, où ils sont surreprésentés, comme d’un cheval de Troie pour s’accaparer les ressources naturelles du Sud.
C’est le trio infernal Club de Paris – FMI – Banque mondiale qui a organisé à partir de 2002 le blanchiment de la dette odieuse de la RDC en restructurant les arriérés laissés par le dictateur Mobutu. Il s’agissait à l’époque de prêter de l’argent au gouvernement pour apurer les vieilles dettes du dictateur, permettre au gouvernement de transition de s’endetter à nouveau tout en lui imposant des politiques antisociales, notamment un nouveau Code minier très favorable aux transnationales.
En 2009, la dette continue d’asphyxier le peuple congolais dont les droits humains fondamentaux sont piétinés pour assurer le remboursement du service de la dette. Malgré les effets d’annonce des créanciers qui promettaient une annulation de la dette congolaise, celle-ci s’élève aujourd’hui à 12,3 milliards de dollars, soit l’équivalent de la somme réclamée à la RDC au moment de la mort de Laurent Désiré Kabila en 2001… Or, cette dette est l’archétype d’une dette odieuse, nulle en droit international car elle a été contractée par une dictature, sans bénéfice pour la population et avec la complicité des créanciers. Le gouvernement congolais pourrait donc la répudier, ce qui lui permettrait de surcroît de ne plus accepter les diktats du Club de Paris.
Pour le CADTM, le chantage du Club de Paris n’est pas une surprise : cette instance illégitime est depuis sa création à la fois juge et partie. Elle doit donc être purement et simplement abolie, tout comme la dette de la RDC.
En attendant, le gouvernement congolais doit suspendre unilatéralement le paiement de cette dette, à l’instar de l’Equateur en novembre 2008 et de l’Argentine qui avait décrété en 2001 la plus importante suspension de paiement de la dette extérieure de l’Histoire, pour plus de 80 milliards de dollars, tant envers les créanciers privés qu’envers le Club de Paris, et ce sans que des représailles n’aient lieu.
La crise économique nécessite des actes forts et immédiats contre la dette, et au profit des peuples. Pour ce faire, les pays du Sud auraient tout intérêt à constituer un front uni pour le non-paiement de la dette.




Notes




1 Institution informelle qui s’est réunie pour la première fois en 1956, composée aujourd’hui de 19 pays : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Irlande, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie, Suède et Suisse. Pour une analyse détaillée, lire Damien Millet et Eric Toussaint, 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, CADTM-Syllepse, 2008, p 21.
2 http://www.groupelavenir.cd/spip.php?article29013 p.13 Le rapport de l’onu sur la rébellion hutue
P.-S.Carte blanche parue dans le quotidien Le Soir du 27 novembre 2009






Par Damien Millet, Renaud Vivien, le soir

vendredi 27 novembre 2009

Le Potentiel: Lutte contre la corruption : encore un forum pour distraire
















L’opinion s’interroge sur l’opportunité d’organiser un forum national sur la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo citée parmi les pays les plus corrompus de l’Afrique.Le conseil des ministres qui s’est tenu le vendredi 20 novembre 2009 a, à travers le ministre de la Fonction publique, annoncé la tenue prochaine du forum na²tional sur la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo. Il sera question, au cours de ces assises, d’identifier les grandes lignes et fixer un cadre légal et institutionnel de lutte contre ce fléau en RDC dans le but de moraliser la gestion publique.






L’option gouvernementale en soi n’est pas mauvaise, mais, au regard des actes ignobles qui se commettent à tous les niveaux, l’impact des résolutions qui seront prises risque de ne pas être perceptible. En effet, dans un rapport rendu public dernièrement par Transparency International, une structure de lutte contre la corruption, la République démocratique du Congo est citée parmi les pays les plus corrompus du continent, où elle occupe la 38ème place sur les 47 Etats africains. Ce document interpelle les autorités au moment où le gouvernement fait de « Tolérance zéro » son cheval de bataille d’une campagne de sensibilisation de lutte contre la corruption.



CHANGEMENT DE MENTALITE AVANT TOUT


Si la République démocratique du Congo veut réussir son pari de lutter contre la corruption, elle doit éviter d’offrir au public des scénarios du genre « Tolérance zéro ». Faute d’application stricte, rigoureuse et équitable de cette disposition, les gens sont d’ailleurs sceptiques. Le gouvernement doit plutôt faire du changement des mentalités à tous les niveaux son cheval de bataille. C’est-à-dire, les personnes appelées à gérer la chose publique doivent prendre conscience du rôle qu’elles ont à jouer dans la conduite des affaires du pays. La population, elle, doit respecter les lois du pays et s’acquitter de ses obligations vis-à-vis de l’Etat. Les forces de l’ordre doivent jouer pleinement leur rôle de sécurisation des biens et des personnes. Ce qui n’est malheureusement pas le cas au jour d’aujourd’hui où l’inversion des valeurs bat son plein. Car, il inadmissible que la République démocratique du Congo, disposant d’un potentiel qui lui permet de générer d’importants revenus et, de ce fait, d’améliorer le développement social de la population, ne puisse pas instaurer des programmes de réduction durable de la pauvreté. Cela s’appelle tout simplement la mauvaise fois des dirigeants. Les niveaux élevés de corruption engendrent systématiquement la stagnation économique, les inégalités. La conséquence qui résulte de cette situation est l’arrêt de plusieurs activités productrices entraînant, ipso facto, l’augmentation du taux de chômage.


Incapables d’assumer pleinement leurs responsabilités, les parents deviennent des aigris et excellent dans l’immoralité. Trêve de commentaires sur la manière dont se comportent les agents de l’ordre. Beaucoup d’entre ces derniers foulent aux pieds les instructions leur données par leurs chefs hiérarchiques.


Comme on peut le constater, ce tableau sombre nécessite absolument des campagnes de sensibilisation sur le changement des mentalités.


CHEMINBALISE, MAIS…


Dans le cadre de la lutte contre la corruption, les participants au dialogue intercongolais avaient pris des dispositions devant baliser le chemin avant l’entrée de la RDC dans la Troisième République. C’est ainsi que, parmi les institutions d’appui à la démocrate, figurait une commission d’éthique et de lutte contre la corruption. Durant trois ans de transition, cette structure avait arrêté des stratégies restées lettres mortes. Pourquoi ne pas s’en inspirer en apportant certaines modifications au lieu d’occasionner d’autres sorties de fonds ? Comble de ridicule, certains membres de cette institution d’appui à la démocratie avaient été accusés de tous les maux, menacés d’arrestation, voire même de mort par les « intouchables ». De cette manière, on pouvait en aucun cas prétendre lutter contre la corruption. Ce qui fait dire à bon nombre d’observateurs que le forum sur la lutte contre cette pratique honteuse n’est qu’une distraction ou, plus précisément une perte de temps. (Potenteil)

lundi 23 novembre 2009

Début du procès de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui / Information pratique pour les média concernant la conférence de presse du 23 novembre


Vue de la defence de Thomas LUbanga.

LA HAYE, Pays-Bas, 20 novembre 2009/African Press Organization (APO)/ -- Début du procès de Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui / Information pratique pour les média concernant la conférence de presse du 23 novembre
Situation : République démocratique du CongoAffaire : Le Procureur c. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui
Le procès dans l’affaire Le Procureur c. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui s’ouvrira le mardi 24 novembre 2009 à 9h30 (heure locale de La Haye) (Calendrier des audiences). Les audiences se dérouleront devant la Chambre de première instance II jusqu’au 11 décembre de 9h30 à 16h00. Après les vacances judiciaires, les audiences reprendront le 26 janvier 2010.
Conférence de presse
Une conférence de presse se tiendra au siège de la Cour à La Haye le jour précédent l’ouverture du procès, c'est-à-dire le 23 novembre 2009, à 12h00, dans la salle de conférence de presse. Celle-ci sera diffusée sur le site web de la Cour (http://www.icc-cpi.int/) à partir 15 heures. Veuillez noter qu’il n’y aura pas de retransmission satellite de la conférence de presse.
Le Greffier de la CPI, Silvana Arbia, le Procureur, Luis Moreno-Ocampo, le Conseil de la Défense de Germain Katanga, Andreas O’Shea, le Conseil de la Défense de Mathieu Ngudjolo Chui, Jean-Pierre Kilenda, ainsi que les représentants légaux des victimes, Fidel Nsita Luvengika et Jean-Louis Gilissen feront de brèves déclarations suivies d’une session pour permettre aux journalistes de poser leurs questions.
Des résumés audio et vidéo de la conférence de presse du lundi 23 novembre seront disponibles pour distribution par courriel dans l’après-midi.

Rappel de la procédure dans l’affaire : http://www.icc-cpi.int/Menus/Go?id=b5a295a7-63cc-49db-97d0-9feb871a697b&lan=fr-FR
Le 17 octobre 2007, Germain Katanga (ressortissant de la RDC), commandant présumé de la Force de résistance patriotique en Ituri (FRPI), a été arrêté puis transféré à la Cour en vertu d’un mandat d’arrêt délivré le 2 juillet 2007 sous scellés par la Chambre préliminaire I sur requête du Procureur. Le 6 février 2008, c’était au tour de Mathieu Ngudjolo Chui (également ressortissant de la RDC), commandant présumé du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), d’être arrêté et transféré à la Cour en vertu d’un mandat d’arrêt délivré le 6 juillet 2007 sous scellés par la même Chambre sur requête du Procureur.
Le 11 mars 2008, la Chambre préliminaire I a décidé de joindre les deux affaires et, le 26 septembre 2008, elle a confirmé, à l’encontre de Katanga et Ngudjolo Chui, des charges consistant en la commission de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le 24 octobre 2008, la Présidence de la Cour a constitué la Chambre de première instance II et a renvoyé l’affaire Le Procureur c. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui devant cette Chambre, qui, depuis, a convoqué des conférences de mis en état et tenue plusieurs audiences. Elle a fixé la date de l’ouverture du procès au mardi 24 novembre 2009.
L’affaire Le Procureur c. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui est la deuxième qui s’inscrit dans le cadre de la situation en République démocratique du Congo, après celle de Thomas Lubanga Dyilo, dont le procès s’est ouvert le 26 janvier 2009 devant la Chambre de première instance I. Un quatrième mandat d’arrêt a été délivré par la Chambre préliminaire I, le 22 août 2006, contre le suspect Bosco Ntaganda qui demeure en fuite.
Retransmission par satellite
NOS Eurovision retransmettra la totalité de l’audience du mardi 24 novembre 2009 par satellite vers la République démocratique du Congo, l’Afrique, l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique latine. Des informations complémentaires sur la fréquence utilisée seront fournies dès qu’elles seront reçues de NOS Eurovision, à tous ceux figurant sur la liste des destinataires des communiqués de presse de la CPI.
Photographies et documents audiovisuels
La Cour fournira à tous ceux figurant sur la liste des destinataires des communiqués de presse de la CPI un lien vers quelques-unes des photographies numériques (résolution vidéo) qui auront été prises par le photographe de la Cour lors de l’audience.
Les résumés audio et vidéo de l’audience du mardi 24 novembre seront rendus disponibles à 13h00, à 15h00 et à 17h00 (Heure locale de La Haye) en stéréo - canal audio: 1 – son original, 2- français.
Les programmes à destination des radios et télévisions « la CPI en un clin d’œil », produits par la Section de l’information et de la documentation, en français, seront disponibles dès le vendredi 27 novembre 2009.
Les résumés audiovisuels hebdomadaires continueront à être mis à disposition tout au long du procès.
Retransmission vidéo
Les audiences sont en principe publiques, sauf si les juges décident autrement. Elles pourront être suivies sur le site Internet de la CPI à l’adresse suivante :
Salle d’audience I :
Anglais : http://livestream.xs4all.nl/icc1.asx
Français : http://livestream.xs4all.nl/icc2.asx
La retransmission des audiences publiques aura lieu avec un différé de 30 minutes.
Contacts :
Pour recevoir les communiqués de presse, Mme Kerry Pickett, assistante chargée des affaires publiques, au n° de tél. :+31 (0)70 515-9130 ou à l’adresse électronique Kerry.Pickett@icc-cpi.int
Pour les services audiovisuels, Mme Violeta Willemsen-Curcic, productrice audiovisuel, au n° de tél. : +31 (0)70 515-8422 ou à l’adresse électronique Violeta.WillemsenCurcic@icc-cpi.int
Pour les interviews, Mme Sonia Robla, chef de la Section de l’information et de la documentation, au n° de tél. : +31 (0)70 515-8089 ou au +31 (0)6 46 44 87 26 ; ou à l’adresse électronique Sonia.Robla@icc-cpi.int
Pour tout problème technique en lien avec la retransmission sur le site Web des procédures, Richard Hall au n° de tél. : +31 70 515 9674.
SOURCE International Criminal Court (ICC)

vendredi 20 novembre 2009

Bilan à mi-mandat











Le Peuple ne nous demandera pas combien de tonnes de démocratie nous lui avons déversées mais quelle richesse et quelle prospérité nous lui avons apportées. À mi-parcours du mandat, que dire? L’eau de la Régideso ne coule nulle part dans nos quartiers pauvres, même à Binza Upn, le quartier cossu. Ni l’électricité de la Snél n’éclaire nos rues et avenues. Dans nos villes, on est retourné à l’âge des ténèbres… Il faut saluer le programme des 5 Chantiers qui a ouvert ses portes. Réflexion poussée, que signifie tout ça pour l’habitant de Bukavu qui, pour se rendre à Kinshasa, s’impose deux jours avec une nuit passée à Goma suite à une piste aérienne inadaptée et doit emprunter des cercueils volants - un énième crash vient de se produire à Goma quand je termine ce texte.
Si rien de très grand n’est fait d’ici les échéances qui commencent l’année prochaine déjà, si aucun signal n’est envoyé quand les scandales financiers se multiplient et se décuplent, si la campagne de Tolérance Zéro s’arrête, si la fête du Cinquantaine de l’Indépendance se limite à des manifestations grandioses plutôt qu’à lancer un programme de colloques à tous les niveaux qui culminerait le 30 juin 2010 par l’annonce d’une Vision consensuelle sur ce que le pays doit être demain, sur le rêve qu’il nourrit pour ses enfants, il n’est pas impossible que le Peuple nous dise dans le secret de l’isoloir: tout ça ce fut du gros malentendu. PAR T. KIN-KIEY MULUMBA.Un an après sa victoire historique à la Présidentielle américaine, Barack Obama brandit deux trophées, le prix Nobel de la Paix qu’il s’est promis d’aller chercher lui-même le 10 décembre à Oslo et celui de l’homme le plus puissant de la Terre, plébiscité par la revue Forbes qui publie année après année le classement des personnalités les plus influentes du monde. Obama est talonné - fort logique - par le président chinois Hu Jintao… Cette semaine, le chef de la Maison Blanche a bouclé une tournée en Asie, continent qui est loin d’abriter les États les plus vertueux au plan démocratique et qui, au plan du développement humain, était, il y a trente ans, à certains endroits de Chine ou d’ailleurs, bien loin de nos quartiers de Ngaba. Trente ans plus tard, c’est cette Chine où grouillent 1,3 milliard de personnes qui détient une créance de 800 milliards de dollars sur la première puissance planétaire, les États-Unis dont on peut se demander en quoi ils méritent encore cette place d’hyperpuissance que lui destinait le secrétaire général de l’Élysée sous Mitterrand et ancien ministre socialiste des Affaires étrangères et Hubert Védrine. Voici une Chine que tout le monde donnait à jamais perdue sauf cet intellectuel français Alain Peyrefitte devenu plus tard Garde des Sceaux, qui publia en 1973 chez Fayard «Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera». Pour tel péché, à une autre époque, il aurait passé par le bûcher... 800 milliards de dollars de créance sur l’hyperpuissance américaine! L’Amérique doit sa survie - disons-le un peu - à la Chine. Du coup, Washington doit tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de sortir un mot sur ce précieux créancier. Barack Obama, fruit par excellence de la promotion des droits de l’homme et de la démocratie, ne peut rencontrer le chef spirituel des Tibétains, le dalaï-lama que Pékin accuse de vouloir réclamer l’indépendance du Tibet. Pour rien au monde, il ne saurait se permettre de mécontenter ces puissants Chinois…Ainsi marche le monde…C’est Nguz a Karl-i-Bond, diplomate né qui déclarait - le Katanga ayant commencé sa descente aux enfers - en substance: que vaut encore le Zaïre après un cuivre produit à 30.000 tonnes? C’est cette même phrase qui fut reprise, l’Afdl étant aux portes du pouvoir, par l’ambassadeur américain à Kinshasa, Daniel Howard Simpson. Fin novembre 1996, le diplomate se trouvait face à un groupe de patrons de presse triés sur le volet à qui il offrait un repas à sa résidence. J’étais assis face au diplomate et je voulus savoir si l’on pouvait noter et quoter cette phrase. Dan n’y trouva à redire. Nous étions là pour entendre et pour rapporter, cela allait de soi. La phrase (les phrases) de Dan? «Le Zaïre, ce n’est plus une affaire stratégique. L’époque de la guerre froide est terminée. Les États-Unis sont intéressés par des pays où règnent l’ordre, la stabilité, la discipline (...) Il ne s’agit plus de soutenir des dictateurs parce qu’ils sont pro-occidentaux (...) Naguère, l’Amérique achetait du cuivre, du cobalt, du café et vendait des équipements, beaucoup de matériels à la Gécamines. Tout ça, c’est fini. La Gécamines produisait 450.000 tonnes de cuivre. Aujourd’hui, elle produit... Le Zaïre ne rencontre plus de respect dans le monde». Puis: «Je suis contre Berlin II» (et j’abhorre l’idée d’une «République du Kivu» mais les Rwandais sont au Zaïre) «pour longtemps, définitivement et ne s’en cachent pas» («Le Soft», daté samedi 30 novembre 1996). Pressé par le Département d’État à Washington - la copie du «Soft» ayant été mise sur le marché -, le diplomate entreprit de démentir mais n’y parvint pas! Cinq mois plus tard, fin avril 1997, c’est un team de diplomates, policiers et militaires galonnés américains conduit par l’ambassadeur de choc Bill Richardson qui déboula à Kinshasa pour dire les adieux de l’Occident à Mobutu. «Pendant la période de guerre froide, tu as été un ami et un soutien important et sincère des États-Unis et du monde libre, l’Amérique t’est reconnaissante. Mais l’heure a sonné de partir. Si tu te maintiens malgré tout, nous t’assurons que ton cadavre sera traîné dans les rues de cette ville comme celui d’un chien». Ainsi parle l’Oncle Sam. Sans état d’âme. Avant de t’abattre, il te prévient afin que tu n’ignores rien sur ce pourquoi tu es mort. Un ancien de Birmanie, d’Irak, de Corée, de Haïti, spécialiste des missions sensibles ce Bill Richardson. Devant son neveu de Kissinger, Honoré Ngbanda Nzambo-ko-Atumba, devant son directeur de cabinet Félix Vunduawe Te Pemako, devant le ministre des Affaires étrangères Gérard Kamanda wa Kamanda, devant le fils Nzanga et la fille Ngawali, dans sa petite maison de type colonial du camp militaire colonel Tshatshi juchée sur les hauteurs de la Capitale, à un jet de pierre du fleuve qu’il trouvait majestueux et qu’il aimait à longer debout ou assis, le regard lointain, dans un des salons de son yacht matelassé le M/S Kamanyola, le Léopard, miné par la maladie qui six mois plus tard l’emportera, s’effondra. Un jour est passé, une page d’histoire venait d’être tournée…Pourtant, sous la pression de la même Amérique - ce fut le secrétaire d’État James Baker qui vint le lui dire sur ce yacht - Mobutu avait lâché du lest sur la nature de son régime et avalé le calice jusqu’à la lie en acceptant les réformes conduisant à la démocratisation du pays. Dans ce même Palais du peuple de Kinshasa construit par Pékin, poussé par notre Gorbatchev couleur locale Roger Nkema Liloo, le Léopard avait enduré la catharsis. Conduite par l’archevêque de Kisangani Laurent Mosengwo Pasinya, la Conférence Nationale Souveraine de Kinshasa ouvrit le bal de nombre de Conférences nationales en Afrique. Le parti-État MPR fut contraint de se faire hara-kiri. Du jour au lendemain, ses gros formats le quittèrent pour se déverser par dizaines dans les innombrables partis politiques qui venaient de voir le jour et qui rendirent toute lisibilité politique inintelligible. La crise ayant réduit à néant le secteur de production, la politique passa au premier plan comme lieu d’attraction même pour des hommes dont les affaires paraissaient florissantes. L’exemple frappant est celui d’Amasco, Augustin Kisombe Kiaku Mwisi... *** Notre Congo a pu tenir des élections libres dans une paix relative. Ce pays le doit au fils Kabila qui, tirant profit de l’expérience du père, leva l’option d’engager la R-dC dans une autre voie: celle du dialogue avec les rébellions qui faisaient rage à l’Est et au Nord du pays, et de la paix avec ses voisins souteneurs de celles-ci. Le résultat est palpable: la R-dC s’est à nouveau mis à niveau; le pays est redevenu attractif pour l’investissement privé. Il suffit de voir ce boom de l’immobilier, résultat des réformes du système financier international avec la venue des lois anti-blanchiment qui ont pour conséquence de sédentariser d’importants flux financiers attirés eux-mêmes par le renchérissement du prix du loyer grâce à la présence des forces onusiennes et des ONG internationales. Il nous faut ouvrir une parenthèse: sous Mobutu, sauf s’il avait pu effectuer illégalement ses dépôts en espèces à Kinshasa à la cellule Belgolaise logée au vu et au su de tout le monde à un étage du flamboyant gratte-ciel de l’ex-BCZ, le Zaïrois qui débarquait à Zaventem en Belgique se rendait droit à la salle des coffres-forts de la banque Belgolaise, au n°1 de la rue Cantersteen, ses attaché-case à l’arrière de sa limousine bourrés de dollars et de francs suisses. Il y était accueilli en VIP au guichet grosse fortune par une dame glamour qui offrait tasse de thé, petits-fours et chocolats noirs belges. Visée au lendemain de la fin de Mobutu par des procès pour blanchiment d’argent sale, la Belgolaise fut décapitée de sa direction et la banque mit la clé sous le paillasson avant d’être rachetée pour un sou par Fortis Banque. Des Zaïro-congolais ont continué de débarquer à Zaventem, toujours avec des billets de banque, des dollars et des euros de préférence. Ils ne sont en revanche reçus par personne et nos hommes anonymes doivent faire la queue comme de vulgaires personnages avant de s’entendre demander de brandir l’origine de leurs fonds... Le jeu en valait de moins en moins la chandelle. Désabusée par des mésaventures à répétition dans l’ancienne colonie, la Belgique a refermé l’épisode Congo, s’est tournée vers les Dragons asiatiques stricts, professionnels, moins portés par des sentiments, ou vers l’Indonésie, pays qui parle la langue must de Belgique, le Néerlandais. Voilà l’Amérique, la Belgique, jusqu’à la pragmatique France - pays dont nous nous glorifions de partager une langue qui s’affaiblit jour après jour - qui vont en Asie, en Inde, en Chine à la recherche des contrats ou pour trouver l’argent en vue de sauver leurs économies… Où est passée l’URSS? Existe-t-elle encore cette Union des Républiques Socialistes Soviétiques, qui se dressait tant face aux Etats-Unis? L’empire n’est plus l’empire. Disloqué, il a été vendu en pièces détachées au capital. Dans son mausolée du Kremlin, Staline se retourne. Gorbatchev continue à être salué à l’étranger, comme ce 9 novembre à Berlin lors des festivités d’anniversaire de la chute du Mur intervenue vingt ans auparavant en 1989 mais personne en Russie ne le connaît plus. C’est par lui qu’est venu le grand malheur qui a emporté la deuxième superpuissance mondiale. Face à l’imparable échec du collectivisme et du totalitarisme, l’URSS et la Chine avaient à régler une équation cornélienne: comment en finir avec ce modèle et comment rejoindre le camp de la prospérité? À Moscou, Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev conduit de 1985 à 1991 à la fois la Perestroïka qui libère l’économie et introduit les réformes sociales, et la Glasnost qui libère la parole et donc la vie politique. Du coup, l’URSS s’effondre. Si la Russie de Medvedev-Poutine reste un acteur sur la scène mondiale, c’est moins pour le dynamisme de son économie que pour son arme atomique. Son industrie désagrégée est en lambeaux. Gorbatchev a eu mission de solder l’empire soviétique. L’Allemagne réunifiée est célébrée. Mission accomplie... À Pékin, Deng Xiao Ping est visionnaire: le vieux communiste de retour au pouvoir en 1979 après la mort en 1976 du père Mao, conserve intact le régime politique - il écrase par ses chars les manifestants de la place Tian A Men - mais ouvre progressivement l’économie en en faisant une «économie sociale de marché». Il fait adhérer son pays - oh, crime de lèse-majesté! - à l’OMS, l’Organisation mondiale du commerce le 11 décembre 2001, le grand Diable qui prône le libéralisme et intègre l’APEC, la Coopération Économique Asie Pacifique, dont l’Oncle Sam tient lui-même le gouvernail. L’Empire du Milieu s’est jeté dans les industries de main d’œuvre, dans celles du textile et dans les objets manufacturés de basse qualité. Il devient vite l’«atelier du monde» où tout s’arrache à très bas prix grâce à une main d’œuvre nombreuse et bon marché, grâce à un taux de change très compétitif. En 2008, selon les chiffres de la Banque Mondiale, la Chine devient la troisième puissance économique mondiale après les États-Unis et le Japon avec un PIB de 4.420 milliards de $ US. Cette même année, le nouveau président Hu Jintao célèbre trente ans de réformes qui ont fait de la Chine une puissance majeure dans le monde avec un taux moyen de croissance annuel de 9,8 %, soit plus de trois fois la moyenne mondiale. L’économie chinoise est devenue la quatrième du monde, représentant 6 % du PMB en 2008 contre 1,8 % en 1978. Trente ans de réformes de Deng, la Chine s’est éveillée au monde. Elle peut dicter sa loi, même à Washington, offrir 10 milliards de $ US à l’Afrique quand l’Occident ne peut décaisser 1 milliard, signe avec la R-dC ou avec n’importe qui - jusqu’à la Guinée de Dadis Camara - pour le même montant si pas plus des marchés de troc argent contre minerais ou autres matières premières que Pékin dévore comme rarement à l’époque contemporaine pour faire face aux nécessités de sa croissance économique galopante. Quand l’ex-Sabena, SN Brussels Airlines compte deux avions long-courriers, Hainan Airlines, l’une des trois compagnies aériennes chinoises fait décoller trois cents avions journellement. Pékin peut brandir sa maîtrise des airs: la Chine s’apprête à fabriquer chez elle, sur place, des gros-porteurs. Le monde s’est mis aux pieds de Pékin. Et tremble! ***Tout autour de nous, des pays émergent. Le petit opérateur économique de Bukavu n’a plus à se rendre à Dubaï. Il lui suffit de prendre la route de Kampala par Kigali pour joindre, sept heures plus tard, la capitale de l’Ouganda. Là, il trouve tout à des prix qui défient toute concurrence. De retour dans sa ville, il peut écouler ses marchandises, les évacuer à Goma et à Kindu dans le Kivu-Maniema. Pourquoi ce Kivu qui offre le même climat, dispose de la même pluviométrie et de la même végétation que le Rwanda recule-il quand le Rwanda affiche une croissance annuelle de plus de 6 %, une inflation de 4 % et un PIB par habitant de 350 USD par an? Pourquoi le Botswana et l’île Maurice qui ne possèdent le premier que le diamant, le second que la canne à sucre, pèsent-ils sur l’échiquier du monde quand la R-dC qui a tout, reste introuvable? Notre pays est-il trop grand pour être gouverné depuis Kinshasa? La démocratie bla-bla est-elle le mal qui ronge ce pays? Faut-il juste un zeste de démocratie, si cela peut pousser à la prospérité? La politique ne doit-elle pas se délester de ce pouvoir économique qu’elle détient au profit de l’initiative privée pour ne devenir qu’administration et régulation? La démocratie peut-elle être une fin en soi? À quoi sert cette valeur universelle si ce n’est pour l’émancipation de l’homme? Si le but est de sauver et de sauvegarder l’essentiel, ne faudrait-il pas se préparer à lui donner un petit coup de frein? Quand le nouveau discours international dominant consiste à demande à chaque pays d’aller à son rythme, qu’est-ce que cela signifie-t-il? Pourquoi le monde fout-il la paix à Singapour, à la Tunisie, à Maurice, au Rwanda, à l’Ouganda, autant de régimes qui bastonnent et emprisonnent opposants et journalistes? C’est quoi la politique si c’est plus de chaleur et moins de lumière? Nos parlementaires ne doivent-ils pas voter la révision si c’est pour recadrer nos objectifs de réussir la prospérité? À quoi sert de la richesse sans cause accumulée par la politique si c’est pour l’acquisition des voitures Mercedes et des châteaux en Espagne alors que générée par l’entreprise privée, elle se multiplierait et se fructifierait par un réinvestissement dans des secteurs créateurs de la valeur et de la richesse pour se transformer en croissance au bénéfice de tous? Pourquoi le politique ne porte-t-il pas la classe moyenne, ces PME qui seules peuvent faire boule-de-neige au lieu de tout miser sur des entreprises mastodontes internationales qui souvent sont des fonds vautours spéculatifs jamais à la base du développement humain? Si le peuple s’aperçoit qu’il peut gagner de l’argent ailleurs que dans la politique, n’est-ce pas qu’il laissera celle-ci aux professionnels afin que la politique soit service, sacrifice et jamais lieu d’accumulation personnelle? N’est-ce pas ce concept de politique qui amène certains, sur un même sujet, à dire oui aujourd’hui, non demain, et qui explique les yo-yo continuels sur la scène? À un mois des années électorales - 2010 avec les Locales, 2011 avec les Législatives et les Présidentielles -, où en sommes-nous? Avons-nous aux décisions des hommes de bien, des hommes de vertu, des hommes d’intelligence, des hommes de vision, bref des hommes qui servent d’exemples à d’autres? Sinon, n’est-il pas grand temps que des hommes de gabarit émergent? Ayons le regard tourné vers le Président de la République. C’est à ce niveau de pouvoir que tout se déclenche. Mais l’homme de pouvoir, partout au monde, a un homme de puissance qui a mission de rendre logiques et pérennes les décisions. Louis XIV a eu Mazarin, puis Colbert; George W. Bush s’est appuyé sur Karl Rove, Obama sur David Axelrod, Sarkozy sur Claude Guéant, Mobutu sur Bisengimana Rwema avant Seti Yale, Kabila sur le couple Katumba Mwanke-Samba Kaputo avant le trio Katumba-Boshab-Lumanu. Quelles responsabilités historiques ont ces hommes d’écoute vis-à-vis de leurs contemporains et de l’histoire pour modeler leur société dans l’ombre de l’homme de barre et aider celui-ci à passer grand dans l’histoire? À un mois du début de ces années cruciales, le débat qui plombe la classe politique porte sur l’avenir de la coalition AMP. Face à Jean-Pierre Bemba Gombo, l’AMP aurait été bien mal en point de l’emporter à la Présidentielle hors la machine AMP qui a fonctionné à plein régime, rejointe par le Palu, l’Udémo et des ténors politiques indépendants de tout parti. Ce sont les trois composantes de la Majorité (treize partis politiques, Personnalités politiques Indépendantes, Alliés Palu-Udémo). Il y eut l’accord d’entre les deux tours. Mais cet accord, quoique portant sur la Législature pleine et entière, avait à gagner en clarté s’il avait été plus engageant sur son volet lié à la technicité et à la morale. Si c’est Kabila qui est comptable de la mandature, ne lui appartient-il pas de conduire et de mener celle-ci à terme? Or, si le régime 1+4 est passé, il y a en place un 1+4 plus. Le Président se sent toujours lié par l’accord alors que c’est lui et lui seul qui a/aura à répondre de son mandat au peuple - tout au moins à la Présidentielle. L’heure du partage venue, les chefs de partis sont toujours aussi puissants et s’imposent toujours et imposent leurs hommes. Résultat des courses: on a, au niveau de la décision, des hommes de l’étoffe de ce ministre du gouvernement Tshisekedi - un certain Atale - nommé aux Finances avec pour seul mérite celui d’avoir été infirmier et proche de son boss de Premier ministre. L’accord de coalition aurait dû fonctionner avec Gizenga et avec Gizenga seul. Pour avoir joué un rôle dans le pont jeté entre l’Est et l’Ouest, le patriarche du Palu était le must pour bétonner une réconciliation exigence au lendemain du débat nauséabond de la Présidentielle. C’est le rôle que Mobutu fit jouer à Bernardin Mungul Diaka après la tragédie Tshisekedi. Et l’expérience aurait dû s’arrêter là, douze mois plus tard en apothéose. Après, on aurait laissé le Président de la République libre de se choisir ses hommes, son Premier ministre (de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud, qu’importe!), ses ministres, avec pour seule mission la régulation et l’impulsion de l’économie. Quitte à revenir à un cabinet politique à l’annonce des échéances… Mais jamais on aurait dû pérenniser les exigences de la coalition. Des analystes avaient projeté le profil du nouveau Premier: l’homme qui allierait les qualités intellectuelles éprouvées, l’expérience avérée à une assise politique confortable au sein de la Chambre basse et dans le pays au sein de la population; être l’homme apte à l’itinérance et doté d’une forte personnalité à même de maîtriser toutes les filières de l’Administration, des services et des entreprises de l’Etat; être capable de justifier d’une connaissance suffisante du pays et de ses problèmes; être capable de dire la vérité au Chef de l’Etat, d’obtenir son soutien à chaque étape de l’action afin de réaliser un bilan positif du mandat qui permettrait de mieux aborder l’échéance 2011; être l’homme d’ouverture, le rassembleur, généralement accepté. À mi-parcours du mandat, que dire? Il faut donner le meilleur de soi au travail. Mais le temps fait défaut. L’eau de la Régideso ne coule nulle part dans nos quartiers pauvres. Ni à Binza pourtant cossu... Ni l’électricité de la Snél n’éclaire nos rues et avenues. Les villes se délitent suite à des érosions quand le système des transports devient casse-tête sans que les pouvoirs publics n’aient à intervenir. Nous sommes retournés à l’âge des ténèbres… À certains croisements de la Capitale, de géantes affiches menteuses sont visibles: c’est KinshasaDubai. La fameuse Cité du fleuve impossible! Il faut saluer le programme des 5 Chantiers qui ouvre ses portes. À Kinshasa, le boulevard du 30 juin promet de nous rendre fierté et dignité. Il y a l’entame du boulevard Lumumba, porte d’entrée de la ville. La télé, elle, montre les images du service de Visibilité. Réflexion poussée, que signifie tout cela pour l’habitant de Bukavu qui, pour se rendre dans la Capitale, s’impose deux jours à la suite d’une piste aérienne inadaptée? Il faut espérer que la RVA dispose d’un projet pour l’aéroport de Kadumu. Sur la piste de la Luano cabossée, à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, les pilotes doivent réciter Ave Maria avant de décoller ou d’atterrir… À Goma, un énième cercueil volant vient de cracher, ce qui démolit encore l’image d’un pays blacklisté. Le don allemand de 20 millions de dollars destiné à la réhabilitation d’une piste réduite par la lave volcanique à 2000 m au lieu de 3800, serait parti en fumée, empoché par un privé. Au Bandundu, nul n’a encore vu arriver ni bicyclette du ministère du Développement rural, ni tracteur du ministère de l’Agriculture. Le vent souffle dans le mauvais sens. Si rien de grand n’est fait d’ici les échéances, si aucun signal n’est envoyé quand les scandales financiers se décuplent, si la campagne Tolérance Zéro devient slogan, et si les grands Kuluna ne sont pas conduits dans des cellules pour servir d’exemple et frapper les esprits, si la fête du Cinquantaine se limite à des manifestations grandioses plutôt qu’à lancer un programme de colloques à tous les niveaux du pays en faisant participer des sommités avérées de chez nous et d’ailleurs qui s’intéressent au développement de notre pays et qui culmineraient le 30 juin à venir par l’annonce d’une Vision sur ce que le pays doit être demain, sur le rêve qu’il nourrit pour ses enfants et petits-enfants, et sur les moyens qu’il nous faut avoir, il n’est pas impossible que le Peuple nous dise dans le secret de l’isoloir: tout ça ce fut un gros malentendu.
Le soft.

jeudi 19 novembre 2009

La réforme des tribunaux en Ituri trébuche

TriPaix Aru



En dépit d’une intense campagne de réformes, les tribunaux d’Ituri restent largement défectueux.Les efforts internationaux visant à réformer le système judiciaire dans la province de l’Ituri au Nord-est de la république démocratique du Congo, RDC, ont donné lieu à des résultats mitigés, selon les ONG locales.Malgré certaines améliorations initiales apportées aux infrastructures et à la formation, une corruption de grande ampleur et le manque de protection efficace des témoins signifient qu’un système judiciaire pleinement fonctionnel – sans parler d’un système capable de poursuivre les criminels de guerre de la région – reste un espoir éloigné.“Sur le plan matériel un équipement a été donné aux juges,” explique Godefroid Mpiana, ancien membre de Justice Plus, une ONG mettant en œuvre des opérations locales à Bunia, la capitale de la région de l’Ituri. “Mais sous d’autres aspects, comme la protection des témoins, rien n’a été résolu.”
Lorsque, à la fin de l’année 2003, le conflit sanglant de l’Ituri était arrivé à son terme, la Commission européenne avait lancé un projet pilote pour réformer le système judiciaire dans l’est du pays, dévasté par les combats.
Au départ, le projet de restauration du système judiciaire était resté limité à Bunia, mais en 2006, la Commission avait annoncé une initiative de plus grande ampleur qui devait s’appliquer au reste de la région.Le programme de restauration de la justice à l'est de la RDC, REJUSCO, nom sous lequel le programme est connu, est financé conjointement par la Commission européenne, les Pays-Bas, la Belgique et le Royaume-Uni à hauteur de 11,7 millions d’euros.Quand les réformes avaient commencé à être mises en oeuvre en 2003 et 2004, les juges avaient été transférés d’autres provinces de RDC et vivaient dans des enceintes protégées par la Mission des Nations unies dans le pays, la MONUC. Ils recevaient également un supplément en plus de leur maigre salaire, qui s’élevait à l’époque à 20 dollars US par mois.Dans le cadre du processus, les juges, les procureurs et le personnel administratif avaient suivi une formation intensive, et les bâtiments des tribunaux et autres installations connexes avaient été reconstruites ou rénovées.Cette approche eut au départ beaucoup de succès, selon Renaud Galant, directeur de RCN Justice et démocratie, une ONG belge. Son organisation avait mis en oeuvre le programme de réforme de l’Ituri de 2003 à 2006.Aujourd’hui, les juges reçoivent de plus hauts salaires du gouvernement, mais ils ne sont plus nouveaux en Ituri et ne sont donc plus isolés des évènements locaux ou des tractations politiques de la région, a indiqué Galant.“La corruption existe toujours, cela coûte simplement plus cher de corrompre un juge,” a-t-il indiqué à l’IWPR.Innocent Mayembe, le juge président au tribunal militaire de Bunia, pense qu’il faudrait un autre programme de formation intensif pour les juges en Ituri.“L’éthique des juges est très importante et c’est un aspect qui a été négligé,” a-t-il dit.Mayembe reconnaît cependant qu’il y a eu quelques procès très réussis à Bunia, particulièrement lors de la première phase des réformes.Parmi ceux-ci, l’affaire du Chef Mandro Panga Kawa, un ancien membre de la milice de Thomas Lubanga, actuellement en procès pour crimes de guerre à la Cour pénale internationale à La Haye.Kawa, qui s’était séparé de Lubanga pour former son propre mouvement, a été inculpé de crimes contre l’humanité, y compris le meurtre de 14 personnes lors du massacre du village de Zumbe en 2002.Mayembe, qui venait d’être nommé au tribunal militaire de Kisangani, avait présidé le procès à Bunia en 2006 et condamné Kawa à 20 ans de prison.“Toute la population avait vu qu’il était possible d’amener un mauvais garçon [au tribunal] et de le voir se faire condamner,” raconte Galant. Il poursuit en disant que “[Mayembe] était un juge très courageux” parce qu’à l’époque il était toujours très risqué d’arrêter des seigneurs de guerre locaux et de les traduire en justice.Mais l’affaire Kawa a aussi permis d’illustrer les difficultés des tentatives de réforme d’une région spécifique lorsque l’ensemble du système judiciaire national est défectueux.Alors que Kawa avait été reconnu coupable à Bunia, le verdict avait été renversé au tribunal militaire de Kisangani en février 2008. Les juges d’appel soutenaient que ses crimes étaient couverts par une loi d’amnistie, même si cette loi excluait spécifiquement les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre.Mayembe a déclaré que, malgré le verdict en appel, la culpabilité de Kawa n’était “pas contestable.”“Il est nécessaire que les juges congolais soient totalement libres non seulement de la corruption mais aussi des contraintes psychologiques, comme la peur et la pression politique,” a-t-il dit.Galant pense que le résultat de l’appel de Kawa montre que beaucoup reste à faire avant que des criminels de guerre de haut rang puissent être jugés dans la région.“Je dirais que même [si] certains juges ont osé [traduire Kawa en justice], ils n’ont pas reçu beaucoup de soutien des juges plus haut placés,” a-t-il dit.Mayembe a cependant indiqué que la Haute cour militaire avait rejeté le verdict en appel de Kawa, et que l’affaire avait été renvoyée à Kisangani pour réexamen.Malgré tous les défis impliqués, de nombreux observateurs indiquent qu’une réforme durable est encore possible, mais que la capacité d’enquête de la police et des procureurs doit être améliorée.“Si vous n’avez pas une bonne enquête, vous n’avez pas un bon procès,” a déclaré Galant.La MONUC travaille à la création de “cellules de soutien de l’accusation”, qui associeraient des enquêteurs internationaux expérimentés avec leurs homologues en RDC, selon Harriet Solloway, chef de la division État de droit.“Ces équipes auraient des voitures, des sacs de couchage, des ordinateurs, des bottes, des tentes – tout le nécessaire pour mener les enquêtes là où elles ont besoin d’être menées,” a déclaré Solloway.Alors qu’il faut encore attendre pour voir si ces idées feront une quelconque différence en Ituri et dans les autres provinces, les experts soulignent que le gouvernement congolais et la communauté internationale ne doivent pas cesser leurs efforts visant à renforcer le système judiciaire national.“Ils ne jugeront pas tout le monde à la CPI [Cour pénale internationale], alors il y a un grand besoin de soutenir les Congolais [pour qu’ils puissent] juger les [suspects] qui restent,” a déclaré Galant.Solloway pense qu’avec un soutien adéquat, le système judiciaire congolais serait capable de juger des criminels de guerre de haut rang.“Avec suffisamment de soutien international, ils pourraient le faire,” a-t-elle dit. “J’aimerais que vous me posiez cette même question dans un an.”Bien que la CPI n’ait jusqu’à présent pas indiqué qu’elle s’attend à ce que l’Ituri soit un jour capable de juger de telles affaires, certains observateurs ont suggéré que Lubanga aurait pu être pris en charge par des tribunaux locaux dans la province de l’Ituri, d’où il est originaire.Lubanga est accusé du recrutement, de la conscription et de l’utilisation d’enfants soldats pour les faire combattre dans l’aile militaire de son groupe, l’Union des patriotes congolais, UPC, entre 2002 et 2003.“Je pense qu’il existait de grands espoirs que [l’affaire Lubanga] soit jugée devant les tribunaux locaux,” a déclaré Phil Clark, politologue à l’Université d’Oxford qui a conduit un travail de terrain intensif dans la région. “Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est un système bien plus solide en Ituri, qui je pense va vraiment contre la tendance au Congo.”Mais Mayembe exprime certains doutes.“Lubanga aurait pu être jugé ici, c’est sûr, mais la question est: aurions-nous pu récolter assez de preuves pour prouver sa culpabilité?” a-t-il dit.Il a ajouté qu’une enquête et un procès sur Lubanga à Bunia auraient mis en lumière d’autres questions compliquées et non résolues, comme la question de savoir comment protéger les témoins apeurés.“Pour enquêter sur Lubanga, vous devez pouvoir approcher les témoins et victimes, mais en Ituri, les témoins ont peur des représailles,” a déclaré Mayembe. “Vous comprenez donc qu’une enquête sur Lubanga n’aurait pas été si facile.”Selon les termes du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, la Cour peut uniquement entreprendre des procédures juridiques dans les cas où les juridictions nationales ne sont pas en mesure ou n’ont pas la volonté d’agir.Rachel Irwin et Mélanie Gouby sont reporters auprès de l’IWPR à La Haye.
Ecrit par : Par Rachel Irwin et Mélanie Gouby à La Haye (AR No 233, 21-Oct-09)/ICC - Africa

Déclaration des enfants à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’enfant











Mesdames et Messieurs les journaliste
Représentants de la MONUC et
Représentants du gouvernement

Nous aimerions prendre opportunité de cette conférence hebdomadaire pour souligner la Journée Internationale des droits de l’enfant célébrée le 20 novembre de chaque année à travers le monde.

Comme vous savez, la Journée Internationale des droits de l’enfant à été créée suite à l’adoption de la Convention des Nations Unies relative au Droits de l’enfant le 20 novembre 1989. Cette année, le monde entier célèbrera le 20em anniversaire de l’entrée en vigueur de cette convention.

Comme la nouvelle loi congolaise portant protection des enfants vient tout juste d’être abrogée en janvier 2009, il conviendrait de célébrer ce 20em anniversaire de la Convention relative aux Droits de l’enfant en encourageant le gouvernement congolais à s’activer pour la mise en œuvre de la nouvelle loi et permettre ainsi à tous les enfants congolais de bénéficier des droits et des principes reconnus internationalement et entérinés par le gouvernement congolais .

Vous vous rappellerez que l’an dernier à la même date, nous étions venu vous présenter nos requête pour intercéder auprès du Président et les membres du gouvernement afin qu’ils accélèrent les travaux permettant l’abrogation de la loi tant attendue. Notre intervention a eu un impact positif puisque la loi portant protection des enfants à finalement été abrogée en Janvier 2009.

Pour souligner le 20em anniversaire de la Convention Internationale du droit des enfants, nous souhaitons que cette année, le gouvernement congolais travaille en priorité sur la mise œuvre de la loi et signe tous les décrets pour la mise en place de la mécanique multidisciplinaire qui pourra enfin permettre aux enfants de la RDC de bénéficier des avancées importante de cette loi.

En cette journée qui souligne le droit des enfants à travers le monde, nous lançons donc un appel vibrant au gouvernement et aux acteurs impliqués dans la protection de l’enfant, de conjuguer les efforts pour surmonter les obstacles de la mise en œuvre effective de la loi portant protection de l’enfant afin que tous les enfants de la RDC puissent bénéficier des droits et de la protection reconnus à l’enfant par les lois de ce pays.
Les enfants de la république démocratique du Congo ont assez attendu !! Nous sommes l’avenir de ce pays, et l’avenir se prépare aujourd’hui !!

mercredi 18 novembre 2009

FIN DE MANDAT DE LA MONUC: ombres et lumières d’une mission




Bien que récemment prorogé, le déploiement de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) prend fin le 31 décembre 2009. Elle aura totalisé 10 années de présence effective dans ce pays. Elle qui avait commencé sous la forme d’une petite unité d’observation de petits conflits internes à cette partie de l’Afrique centrale, finira par revêtir la forme d’une des plus grandes missions des Nations Unies au monde, avec pas moins de 17 000 hommes, dont un millier d’observateurs et environ 2000 éléments de la police.

Au moment où elle est en train de plier bagages, on peut en toute légitimité se demander quel bilan faire de sa longue présence à l’intérieur d’un pays dont le gigantisme ne lui aura décidément pas été de toute facilité et où rébellions à répétitions le disputaient à des guerres sanglantes et successives.

Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC estime, pour sa part qu’en 10 ans, la MONUC a accompli un travail remarquable. On ne peut le lui nier : elle aura, notamment, supervisé le cessez-le-feu ainsi que le retrait des troupes étrangères de la RDC, de même qu’elle a stabilisé la sécurité alimentaire.

Elle a également accompagné le Dialogue inter-congolais ainsi que la transition d’immobilisation des groupes armés en Ituri et dans les deux provinces du Kivu, facilité les premières élections libres et transparentes en 40 ans, et enfin, aidé le gouvernement central à gérer la crise dans le Kivu, en menant des opérations contre les groupes armés. Un boulot considérable, en somme, dans cette partie de l’Afrique qui a connu, aux dires de plus d’un, les affrontements les plus atroces du continent, ces dix dernières années. Mais, cette mission de l’ONU n’aura pas été exempte de toute tare. On lui aura notamment reproché les écarts de conduite de son personnel, qui se sont, à plusieurs reprises, traduits par des viols, des vols ainsi que des exactions de toutes sortes. On se rappelle que des casques bleus ont été impliqués dans le trafic d’or et de matières précieuses dans la région du Nord Kivu. Tout comme on se souvient qu’on a fait état de la collusion d’un colonel de la même unité indienne avec le rebelle Laurent Nkunda.

Ce dernier, bénéficiant des informations de son « colonel ami », avait attaqué victorieusement une unité de la mission onusienne. Plusieurs scandales et actes répréhensibles auront émaillé la présence du personnel civil et militaire de la MONUC en RDC. En son temps, la hiérarchie de l’Institution avait promis d’ouvrir des enquêtes sur ces faits. A ce jour, certaines d’entre elles n’ont toujours pas de suite. Il faudrait sans doute d’ailleurs que toute la lumière se fasse un jour sur ces crimes, ne serait-ce que pour rendre justice à tous ces innocents brimés dans leurs droits, mais sans doute aussi pour redorer le blason des casques bleus décidément bien sale après toutes ces révélations.

A présent, la MONUC s’en va. Et, il faut le reconnaître, au moment où elle quitte les lieux, la grave question congolaise n’est pas pour autant réglée. Bien plus, les chantiers en attente restent nombreux. Qu’en résultera-t-il ? Là se trouve à présent la grande question. On doute sérieusement que l’armée congolaise puisse valablement la remplacer, elle qui présente toutes les caractéristiques d’obsolescence, de désorganisation et qui, en même temps, manque à la fois de moyens autant que de motivation. Que la région bénéficie d’une accalmie certaine ces derniers mois, tout le monde est en mesure de le remarquer. Les principaux fauteurs de trouble ont été mis à l’ombre, ne serait-ce que momentanément.

Laurent Nkunda, qui a perdu la confiance ainsi que le soutien de son traditionnel parrain et mentor, Kagamé, se trouve au secret, au Rwanda. Thomas Lubanga ainsi que Jean-Pierre Mbemba méditent toujours sur leur sort derrière les barreaux de la CPI. Mais, la région n’est pas pour autant pacifiée et la malédiction des ressources naturelles est toujours aussi présente que de par le passé. Sans compter que les partisans des enfants terribles de la guerre sont eux aussi toujours en place et sans doutent se demandent comment reprendre le flambeau laissé par leurs chefs.

Alors, d’où peut provenir l’espoir de l’instauration d’une paix définitive dans cette région du continent ? Sans doute, de la passation d’accords internes entre dirigeants de la région, car, ce n’est un secret pour personne que la guerre en RDC implique de nombreux pays de la sous-région. Des accords du genre ont été vus, qui ont produit les résultats que l’on sait. L’arrestation de Laurent Nkunda n’a été rendue possible que grâce à une certaine « complicité » unissant Kinshasa et Kigali. L’exemple du Soudan et de l’Ouganda enseigne lui aussi que si les dirigeants des Etats optaient pour la nouvelle voie qui refuse le principe du soutien de l’ennemi de son ennemi pour s’en faire un ami, de nombreuses questions jusqu’à présent cruciales s’en trouveraient réglées et rendraient de fait la paix, dans cette région, un peu plus à portée de main.

En tout état de cause, c’est le réalisme, en la matière qui le commande. La MONUC s’en va d’un pays qui est loin d’être pacifié et il n’est pas à l’ordre du jour de prolonger à nouveau son mandat ou de la remplacer par une quelconque autre force d’interposition. L’armée nationale congolaise n’est aucunement en état de remplir cette tâche. Et en même temps, des foyers de tensions subsistent qui constituent autant de poudrières susceptibles de s’embraser à la faveur de la moindre étincelle. Il revient aux protagonistes de la région de savoir dépasser leur ego pour se mettre enfin et sérieusement à la recherche d’une paix dont tout le monde a plus que besoin, dans cette région tourmentée du globe.

Le bilan fort mitigé de la MONUC devrait leur rappeler que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Il leur revient de comprendre sans doute la leçon et d’en tirer toutes les conséquences qui s’imposent.


"Le pays"

L'INSECURITE GALOPANTE EN ITURI












Un prêtre abattu par des hommes armés à la paroisse de Nyakasanza (CARITASDEV11-11-2009)

Bunia, le 11 novembre 2009 (caritasdev.cd) : l'Abbé Jean Gaston BULI a été tué dans la nuit du lundi à mardi 10 novembre 2009 par des bandits armés. Les assaillants ont forcé la porte de son bureau, à la paroisse de Nyakasanza, en ville de Bunia, vers 2H30’. L'un d’eux a tiré sur son bras droit, au niveau de biceps, qui a beaucoup saigné, a indiqué la Caritas-Développement Bunia. Amené à l'Hôpital, il a rendu l'âme après cette forte hémorragie.
La victime avait réalisé 24 ans de sacerdoce, et venait d'être nommé Vicaire Econome à la Paroisse de Nyakasanza. Son enterrement a lieu hier mardi à 15H00 au cimetière de Mudzi-Maria après la messe célébrée par Son ExcellenceMonseigneur Dieudonné URINGI, Evêque du Diocèse de Bunia, à la Cathédrale Notre Dame de grâces.

(MONUC), Général Babacar Gaye au cours du point de presse hebdomadaire de mercredi 12 novembre à Kinshasa
Q : Ntirimaye (Agence Congolaise de Presse), Mon général j’étais en contact avec quelques députés nationaux de la Province Orientale hier. Ils m’ont laissé entendre qu’il y a une insécurité grandissante dans l’Ituri notamment à Bunia où même un Abbé a été assassiné. Et il y a également des groupes armés qui refont surface ainsi que des démobilisés qui sont abandonnés et crée l’insécurité ! Je ne sais pas qu’est-ce que la MONUC fait en ce moment dans la région de l’Ituri? Il y a également les 2 Uélé où les LRA évidemment continuent de piller des villages ! Mais vous avez laissez entendre que la situation est à la normale qu’est-ce qu’il en est au juste?


R : Général Gaye, Je vais répondre à ces questions avant d’aller plus loin. En ce qui concerne la province orientale, effectivement je sais que cet assassinat dont vous faite cas a créé beaucoup d’émotions et que les députés provinciaux, fort justement d’ailleurs se sont regroupés pour aller exprimer leurs émotions à M. le Ministre de l’Intérieur. Et vous faites également cas du fait que des groupes armés refont surface. Il y a environ trois semaines, je me suis rendu à Bunia et où comme je vous l’ai dit, j’ai pu discuter avec tous les acteurs sur place. Donc de notre côté, il y avait bien une conscience que malgré tous les progrès qui ont été faits en Ituri, nous assistions, notamment lorsque nous avons vu une cinquantaine d’hommes, dont seulement il est vrai, une trentaine en arme ont attaqué et pillé le village de Gueti ; nous avions tout de suite pris conscience, la MONUC, qu’il y avait comme une résurgence de la violence en Ituri. Des recommandations à l’occasion de ces consultations ont été faites, notamment à nos troupes. Premièrement nous avons pensé qu’il fallait que la commission de pacification de l’Ituri soit plus active. Vous imaginez bien que cela relève des autorités congolaises. Nous avons également pensé qu’il fallait un accompagnement humanitaire et pour ce faire, il fallait que toutes les routes menant au sud du territoire de l’Irumu soient maintenues. Nous avons maintenu pour cela une unité du génie pour s’assurer que ces routes seraient utilisables.

Enfin, comme je vous l’ai dit, nous avons décidé de fermer une de nos bases à Kpandroma pour renforcer notre présence dans le territoire de l’Irumu. Enfin, nous avons également suggéré que chaque fois que des exactions étaient notées qu’il y ait une dimension judiciaire à cela. En somme, que tout de suite des enquêtes soient ouvertes de telle sorte qu’après, les auteurs de ces exactions puissent être présentés devant la justice. Donc, nous constatons avec vous qu’il y a effectivement en Ituri comme une résurgence de la violence. Mais ce n’est pas une fatalité. Je crois savoir que le chef d’Etat Major, le général Ntumba lui-même est à Bunia en ce moment où compte s’y rendre. Il faut que tout le monde se mette au chevet de l’Ituri pour éviter qu’on ne fasse vraiment un pas en arrière trop important.

OKAPI 15 Nov 2009 : Ituri : certains officiers FARDC imposent à la population des travaux forcés

la société civile dénonceLa société civile de l’Ituri dénonce les travaux forcés que certains officiers FARDC infligent, selon elle, aux populations locales, notamment dans la localité de Makofi, à plus de 100 kilomètres au nord de Bunia. Un mémo de cette société civile a été adressé aux autorités civiles et militaires du district et de la province, rapporte radiookapi.netC’est au cours d’une conférence de presse, vendredi, que la société civile de l’Ituri a fait part de cette situation. Elle a également fustigé les extorsions et les vols à mains armées à répétition perpétrés par des hommes armés et en uniforme à Bunia. Propos de Jean Bosco Lalo, président de cette organisation : « Conformément aux dispositions de la Constitution, la sécurité de la population et de ses biens est dévolue à la Police nationale congolaise, ainsi qu’aux forces armées. Tout cela, sous la coordination des autorités politico administratives. Il est donc, aujourd’hui, irresponsable, d’assister passivement à la recrudescence indescriptible de l’insécurité sur l’ensemble du district de l’Ituri. Il ne se passe pas un seul jour sans que la paisible population soit inquiétée. Et cela, de plusieurs manières. Nous relevons ici succinctement, les visites nocturnes. Quant aux cas de travaux forcés, nous pouvons ici évoquer ce qui se passe à Makofi. Un capitaine des FARDC qui ramasse des jeunes gens pour aller transporter des planches qu’il fait scier dans la forêt. »Jeudi dernier, les membres de la société civile de l’Ituri et les officiers militaires des FARDC à Bunia ont eu une rencontre au cours de laquelle toutes ces questions ont été évoquées. Bunia : Mgr Dieudonné Uringi suspend les activités de la paroisse Nyakasanza (OKAPI 16 NOV 2009)
La cloche ne sonnera plus. Il n'y aura plus de messe ni de sacrements jusqu'à nouvel ordre à la paroisse Nyakasanza à Bunia. C'est la décision prise dimanche par Mgr Dieudonné Uringi, évêque de Bunia, après l'assassinat d'un prêtre dans cette paroisse, rapporte radiookapi.net
Selon l’évêque de Bunia, cette décision fait suite à l’assassinat de l’abbé Jean Gaston Buli, abattu il y a environ une semaine au couvent de la paroisse Nyakasanza, par des hommes armés non autrement identifiés. Il a indiqué que cette mesure vise à interpeller la conscience des fidèles. Face à ce drame, Mgr Dieudonné Uringi a indiqué qu'" il n y aura plus de messe et les sacrements ne seront pas administrés. Les chrétiens sont appelés à prier dans leurs communautés de base. Cette décision a pour but d'interpeller la conscience des chrétiens. Un événement aussi malheureux qui se déroule dans votre paroisse, les chrétiens doivent en prendre conscience et y jeter un regard critique. Dans une société organisée, chacun a sa tâche. Nous avons toutes les autorités administratives, militaires et policières, il leur revient de faire leur travail comme il se doit."Pour rappel, l’abbé Jean Gaston Buli a été lâchement abattu dans la nuit du lundi à mardi en date du 10 novembre 2009, par des hommes armés qui ont forcé la porte de son bureau. La victime venait de totaliser ses 24 ans de sacerdoce, et venait d’être nommé vicaire économe de la paroisse de Nyakasanza à Bunia, en Ituri.

lundi 16 novembre 2009

La RDC et l’Ouganda toujours en conflit de frontière notamment autour de la rivière Semiliki reliant les Lacs Albert et Edouard












Kinshasa et Kampala ont toutes les peines du monde à éteindre les conflits qui les opposent sur les délimitations de leur frontière commune, les divagations de la frontière naturelle de la rivière Semiliki en sont le cas typique
La Rdc et l’Ouganda ne cesseront pas de se tirailler. Après la guerre sanglante menée par l’Ouganda en Rdc, on s’attendait à ce que ce pays honore ses engagements en payant à la Rdc les dommages tels que fixés par la Cour internationale de la Justice à la suite du procès perdu par Kampala.Mais, voilà que chaque jour, l’Ouganda prend l’initiative d’une nouvelle querelle avec Kinshasa. La dernière en date, c’est celle au sujet de la frontière naturelle représentée par la rivière Semiliki qui relie les lacs Albert et Edouard pour les versants de Rwenzori. A la suite des attitudes de l’Ouganda d’avoir plus qu’il ne mérite en allant au-delà de la frontière, il nous revient que les experts de deux pays travailleraient maintenant pour la détermination de cette frontière afin de mettre fin à ce conflit.Le conflit est né à la suite du changement du lit de cette rivière. Il s’avère que ce changement est en défaveur de la Rdc dans la mesure où la rivière s’est déplacée vers la Rdc laissant derrière elle le territoire à l’Ouganda estimé à plus de 50 kilomètres carrés. Kampala refuse de prendre en compte ce phénomène géographique pour s’accrocher à la position de la rivière comme frontière. Comme c’était le cas avec l’Angola, la Rdc et l’Ouganda sont obligés de s’en remettre aux deux anciennes métropoles que sont l’Angleterre et la Belgique. Il nous revient que des experts de ces deux anciens pays colonisateurs se penchent sur l’Accord de 1915 entre l’Angleterre et la Belgique. Ils tentent donc de retracer cette frontière en se basant sur des coordonnées géographiques que l’on peut retrouver sur des anciennes cartes d’avant le déplacement du lit de la rivière.Il faut être donc de mauvaise foi pour penser qu’il suffirait que les changements climatiques se produisent pour compliquer la reconnaissance des frontières au point de conduire à des guerres. Car, si les conditions climatiques peuvent amener au changement des frontières comme c’est le cas avec le changement du lit de la rivière Semiliki, les parallèles et les longitudes ne changent pas. En effet, c’est en recourant à ces données géographiques que Kinshasa et Luanda avec le concours de la Belgique et du Portugal ont mis fin à l’affaire de Kahemba.On ne doit pas continuer à considérer les frontières comme au moyen-âge sur base des éléments changeants que son les montagnes et les rivières. Il ne faut pas que le jour où le fleuve Congo changera de lit ou se desséchera, que Kinshasa et Brazzaville ne sachent plus où se trouve leur frontière commune. Le cas de Semiliki n’est un casse-tête chinois que pour ceux qui veulent créer problème. Les cartes du 19 ème siècle existent et peuvent servir. Si on doit suivre la rivière, il arrivera un jour où il n’y aura plus de frontière entre les deux pays parce que la rivière aura disparu. C’est étonnant que ce soit l’Ouganda et toujours lui qui tend à croire que les changements des reliefs et autres phénomènes climatiques travailleraient pour lui. Après la querelle avec le Kenya et le Rwanda, c’est le tour de la Rdc pour la énième fois.L’Ouganda ne doit pas chercher à gagner à tous les coups. Lorsqu’il avait été question des changements climatiques à la source du Nil, et que l’armée congolaise avait suivi pour se trouver au-delà de la frontière, le président congolais, Joseph Kabila avait rencontré son homologue ougandais et l’accord de Ngurdoto avait été signé en 2007 sous la médiation de la Tanzanie. Même si le problème n’est pas finalisé, le calme est revenu après que les deux armées de deux pays se soient affrontées.Il nous revient que la Rdc doit trouver de l’argent pour le marquage des frontières, dont la description sur papier par les gouvernements coloniaux n’a jamais été traduit sur le terrain. En ce qui concerne les limites dans les eaux où il faut ériger des piliers, il faut trouver 3 millions de dollars Us. C’est cher, mais c’est le prix à payer pour garantir l’intégrité du territoire. Il nous semble qu’en matière des frontières, Kinshasa ne prend pas d’initiatives. Il s’active lorsqu’il y a problème. Nous pensons que l’expérience aidant et pour éviter de courir, il faut partir à point. Il est temps que les géographes congolais se mettent à l’œuvre pour déterminer, repréciser, toutes les frontières avec tous les voisins, même ceux qui ne posent pas problème.


G.L’Avenir

RDC: Article 15











Ceux qui s’intéressent à la RDC se demandent comment le Congolais arrive à tenir le coup malgré l’effilochement de son pouvoir d’achat. Ils n’hésitent pas à parler d’un mystère tant ils n’en croient pas leurs yeux. Les prix des biens et services suivent le rythme de la dépréciation de la monnaie nationale mais les magasins et les marchés ne désemplissent pas. Les bus et taxis bus sont toujours bondés aux heures de pointe. Comme si de rien n’était.
Vous avez dit mystère ? C’est un principe de vie. La plupart se sont imposé une discipline. S’adapter aux changements politiques et culturels, économiques et financiers. Un dollar américain a beau équivaloir à 900 francs congolais ou plus, les Congolais s’en fichent. Débrouillards nés, ils ont appris- à tous les niveaux de la pyramide nationale- à combattre la crise. La détérioration du cadre macro-économique, ils ne connaissent pas. Chacun au niveau où il se trouve sait gagner sa vie.
Ont-ils encore de l’espoir ?... Constat général : la débrouillardise à tous crins. Tout se vend. Tout se monnaye. Tout est vendable. Preuve, visitez les l’affluence sur les lieux de vidange des immondices et vous m’en direz des nouvelles.
L’esprit mercantiliste bat son plein dans tous les services, de l’ l’administration publique aux écoles et universités où tout renseignement ou toute information livré à un curieux ou un touriste rapporte quelques billets de banque. A ne pas confondre avec le pourboire. Ici, c’est obligatoire, au risque de s’attirer des ennuis. De même, tout papier vaut bien un penny.
Parfois, les imprimés de valeur sont payés au double ou triple de leur valeur officielle. C’est pour, dit-on, graisser la patte aux agents et cadres qui se sont montrés coopératifs.
Les « coopérants » se trouvent à chaque coin de rue, à la sortie des magasins, des marchés et des bureaux. Hommes ou femmes, ils offrent leurs services, vendent tout, jusqu’aux renseignements classés top secrets. Pour survivre.
Made in RDC, une disposition de la Constitution populaire au Congo-qui-se-veut-démocratique permet aux Congolais de faire aux tsunamis de toutes sortes. Ils vivent au jour le jour et ils ne se préoccupent pas du lendemain. Ils donnent l’impression d’avoir intériorisé le principe qui dit qu’à chaque jour suffit sa peine. Ils ont surtout appris à compter sur eux-mêmes, les discours des politiciens se faisant de plus en plus vides d’arguments pour justifier la fluctuation galopante du taux de change.




Le Potentiel

jeudi 12 novembre 2009

Triste fin tragique pour le général ougandais James Kazini






















Draru, son assassin.












Selon le journal ougandais «The Observer», dans son édition datée du mardi 10 octobre, le général James Kazini - qui a commandé les troupes ougandaises en RD Cong de 1999 à 2000 - a été tué mardi 10 octobre au domicile de sa maîtresse répondant au nom de Lydia Draru. La jeune dame aurait fait des aveux à la police.
A en croire la dame Draru, c’est une “querelle de ménage” qui est à la base de cette affaire tragique. Les enquêteurs de la police sont occupés à examiner ces “aveux” afin de comprendre le mobile du crime. Selon le journaliste Edris Kiggundu, Kazini a été frappé par une barre de fer mardi à 5 heures du matin suite à un “malentendu”. Les voisins ont confié à ce confrère ougandais d’avoir dans un premier temps entendu des bruits en provenance de la maison de Draru. Aussitôt après, ils ont entendu Kazini lancer des cris appelant à l’aide.Après avoir réalisé son forfait, la meurtrière présumée est sortie de son habitation en courant : “Je l’ai tué. Je l’ai tué”, s’écriait-elle. L’épouse Kazini, née Phoebe, très chagrinée, s’est rendue mardi sur le lieu du meurtre en compagnie d’un membre de sa famille. La police est venue prélever du sang sur le lieu du crime. Le corps de l’officier ougandais se trouvait encore au quartier Mulago. La dépouille mortelle devait être ramenée, tard dans la soirée, au domicile du défunt à Munyonyo où aura lieu la veillée funèbre. L’ascension et la chuteJames Kazini a été nommé à la tête de l’armée ougandaise en 2001. Il a occupé cette fonction jusqu’en 2003. En décembre de cette même année, le président Yoweri Museveni avait traduit Kazini et une douzaine d’officiers supérieurs devant la Cour martiale pour divers chefs d’inculpation spécialement le détournement de la solde des militaires par l’existence des listes de paie incluant des «soldats fantômes». En mars 2008, la haute cour martiale, sous la présidence du Lieutenant-général Ivan Koreta, avait condamné Kazini à trois ans de prison les « pertes financières » subies évaluées à 60 millions Shilings. Au total, Kazini et ses camarades, étaient suspectés d’avoir créé 24.000 soldats fictifs. Ceux-ci ont été repris, durant treize années, sur les listes de paie occasionnant une perte de 600 millions de Shilings. Kazini avait interjeté appel. Sans succès.Selon The Observer, Kazini a toujours été considéré comme un “loyaliste aveugle” depuis qu’il a rejoint la NRA (National resistance army), aux alentours 1984, après avoir fait défection du mouvement rebelle du "Nil Ouest" du Lieutenant-général Moses Ali. Kazini devint plus tard le commandant de l’escorte du général Salim Saleh. Ce dernier l’a aidé à gravir les échelons de l’armée et d’entrer dans les bonnes grâces du commandant en chef.Bien que Kazini était en conflit avec sa hiérarchie, le président Museveni a continué à lui témoigner sa confiance. Il était tellement aimé que même après les accusations selon lesquelles 700 soldats ougandais avaient péri lors du premier affrontement avec les troupes rwandaises à Kisangani, il n’a été envoyé devant un peloton d’exécution selon les règles régissant l’UPDF (Uganda people defence forces). On rappelle qu’en 1999, Kazini a été chargé de diriger l’opération «Safe Haven» en RD Congo tout en assurant l’encadrement des combattants du MLC. Il a été rappelé en Ouganda en 2000 après le deuxième affrontement avec l’armée rwandaise.







B.A.W (Avec The Observer) via Congoindépendant

lundi 9 novembre 2009

Le Potentiel / LA UNE - Pétrole: 4 milliards de baril divisent Kinshasa et Luanda


Le bloc 15. Il faut désormais s’accoutumer à cette dénomination dans le conflit latent qui oppose la RDC à l’Angola sur l’exploitation du champ pétrolifère du littoral Ouest. La face immergée de l’iceberg s’est révélée avec l’adoption par le Parlement de la loi portant délimitation des frontières maritimes et terrestres de la RDC. En effet, Kinshasa revendique ses 200 km des eaux territoriales. Jusque-là, la RDC ne se contentait que d’un « petit » champ de 40 km. Or, sur l’espace maritime revendiqué par cette dernière se trouve une manne pétrolière impressionnante exploitée déjà par diverses multinationales pour le compte… de l’Angola. C’est le fameux bloc 15. Il pèse en termes de réserves pétrolières quatre (4) milliards de barils. Kinshasa est à sa reconquête. Ambition démesurée, estime Luanda.
La République démocratique du Congo a l’ambition de figurer parmi les grands producteurs africains du pétrole. A Kinshasa, les initiatives se multiplient pour valoriser les réserves pétrolières de la RDC. De l’Est à l’Ouest, l’espace territorial est passé au crible par des experts, mobilisés à cette fin, pour se hisser dans le précarré africain.
Kinshasa ne comprend pas le grand écart qui le sépare de son voisin angolais avec lequel il partage pourtant le même champ pétrolifère qui s’étire jusqu’au Golfe de Guinée. Pendant que Luanda revendique des millions de barils de production de brut par jour, à Kinshasa à peine 25.000 barils sont tirés par jour en on et off shore par la seule entreprise pétrolière en activité, Perenco, dans le territoire de Muanda (Bas-Congo). Il y a bien un problème.
Interpellé, Kinshasa a mis ses experts sur le dossier, avec pour objet de répondre à cette question : Jusqu’où s’étendent les limites des eaux territoriales de la RDC ?
LE POT AUX ROSES
Le pot aux roses sera vite découvert. En effet, une loi tombé en désuétude délimite les frontières maritimes ne laissant l’exploitation pétrolière que sur le plateau continental de la RDC, sans en fixer les délimitations.
Avec l’adoption au Parlement de la loi sur la délimitation des frontières terrestres et maritimes de la RDC, Kinshasa découvre que suivant la convention des Nations Unies sur les droits de la mer de 1982, dite convention de Monte Gobe, il doit étendre ses frontières maritimes jusqu’à 200 km. De l’avis du gouvernement, cette loi devait permettre ainsi à la RDC de revendiquer ses droits maritimes devant diverses instances et d’entrer en possession de ses droits pétroliers à partir de l’océan Atlantique sur des limites bien déterminées.
Le bémol est que sur les espaces maritimes que revendique la RDC, le bloc 15, l’Angola exploite déjà le pétrole pour son compte, via des multinationales. Selon diverses estimations, Luanda en tire près de 500.000 barils par jour. Grave irritation donc qui s’ensuit d’une profonde panique à Luanda.
LA POMME DE DISCORDE
En effet, Luanda ne pouvait pas s’imaginer un seul instant que Kinshasa se réveillerait de son profond sommeil pour prétendre à la manne pétrolière du bloc 15. C’est ce qui vient de se produire. Certaines sources lient les remontrances entre Kinshasa et Luanda à ce litige, transporté jusqu’alors auprès des instances des Nations unies par les autorités de Kinshasa.
Pour Luanda, c’est un affront que Kinshasa exprime des ambitions sur ce qui lui appartiendrait par usage et de droit, rétorque-t-on à Kinshasa.
Que représente alors ce fameux bloc 15 ? De manière formelle, la RDC a une zone côtière d’environ 45 km sur l’Atlantique. Malheureusement, sur les cartes pétrolières actuelles, la RDC ne se limite qu’à une zone définie par Chevron qui est d’environ 40 km. Le reste étant détenu par l’Angola.
Car, la RDC a été régie jusqu’ici par la convention de Genève de 1958 sur la mer territoriale. Aussi, la RDC a-t-elle tracé des limites de ses frontières maritimes qui, en fait, étaient en deçà de ses prétentions.
La nature ayant horreur du vide, l’Angola, en l’absence d’une loi internationale en la matière entre 1958 et 1982, a autorisé l’exploitation du pétrole dans une aire du plateau continental de la RDC.
Or, la loi internationale, notamment la convention de Monte Gobe, donne droit à tout Etat ayant une zone côtière, l’accès à 200 km au large des eaux faisant partie de sa zone territoriale. Au-delà de cette limite, on retombe dans les eaux internationales. Ainsi, en vertu de cette convention, la RDC se retrouve dans le droit d’ouvrir une zone ou un corridor d’au moins 20 km de large et 200 km de long entre l’enclave de Cabinda et l’Angola, soit une zone de 4.000 km², dans laquelle toute production découlant des découvertes de pétrole présentes et futures est partagée entre la RDC et les contractants.
Suivant la convention de Monte Gobe, le bloc 15, actuellement mis en exploitation par l’Angola, retombe sur l’espace maritime de la RDC, donnant ainsi plein droit de jouissance à cette dernière. Et le bloc 15, ce n’est pas n’importe quoi. C’est, en termes de réserves pétrolières, quatre (4) milliards de barils – il ne faut surtout pas tomber à la renverse -, répartis entre Exxon (40%), British Petroleum (26,6%), AGIP (20%) et Statoil (13,3%).
Sur ce nouveau tracé, au regard de la convention de Monte Gobe, se retrouvent aussi en exploitation – toujours pour le compte de l’Angola – des réserves de 400 millions de barils, partagés équitablement entre le champ de Tullow Oil (200 millions) et le champ de Chevron (200 millions).
Ce sont ces riches champs pétrolifères qui sont en jeu dans la nouvelle bataille qui oppose Luanda à Kinshasa.
NEGOCIER OU ALLER A L’ARBITRAGE ?
Entre la RDC et l’Angola, on n’est pas encore au stade de conflit. Mais, le litige est bien pendant. Deux options sont alors envisagées. Négocier à l’amiable avec l’Angola pour établir la zone des 200x20 km ou aller vers la Cour internationale à La Haye pour rétablir la RDC dans ses droits. A Kinshasa, l’option finale ne semble pas définie.
Mais, devant les réticences de Luanda, Kinshasa n’exclut pas l’idée de se tourner un jour devant l’arbitrage international. Le cas du litige qui a opposé le Nigeria et le Cameroun sur la péninsule de Bakasi faisant jurisprudence en la matière.
Des sources concordantes rapportent que Luanda serait favorable à un arrangement à l’amiable. Sur ce point, poursuit-on, Luanda ferait les yeux doux à Kinshasa, prêt à payer un forfait pour passer l’éponge sur ce contentieux et conclure finalement pour une zone d’intérêt commun (ZIC).
Selon ce nouvel accord, toute production découlant des découvertes de pétrole contenu dans la ZIC devrait être partagée entre la RDC et l’Angola. Malheureusement, l’accord fixant la ZIC est muet sur l’exploitation en cours. Tout ce que Luanda propose, en compensation, est le paiement d’un forfait. Selon certaines indiscrétions, Luanda proposerait 600 millions Usd à la RDC.
Il y a donc lieu de tirer cette affaire au clair pour éviter que des intérêts individuels et égoïstes l’emportent sur ceux du pays.